
Parmi les livres de chevet que nous avons emportes figure "L'Equilibre du Monde" de Rohinton Mistry. Ce roman trace les destinees convergentes de personnages venant d'horizons differents dans l'Inde troublee des annees 1970/80. Certains passages, d'une durete effroyable, decrivent la vie dans les bidonvilles des grandes agglomerations et notamment, le moment ou, au lever du soleil, tout le monde va faire ses besoins le long de la ligne de chemin de fer.
Le 17 octobre 2006, nous avons pris le train express qui relie Delhi a Amritsar. Nous avons quitte Delhi alors que le soleil ne formait encore qu'un disque orange a l'horizon. Dans les faubourgs de la ville, emergeant de la lumiere voilee du petit matin, des silhouettes se dessinaient le long des voies, accroupies sur des tas d'immondices, le pantalon sur les chevilles ou le sari remonte a la taille.
Comme le dit Mistry en preambule citant "Le Pere Goriot" de Balzac "Ah, sachez-le : ce drame n'est ni une fiction, ni un roman. All is true."
Le livre ferme sur les genoux, nous avons regarde, stupefaits et boulverses, la realite defiler sous nos yeux.
Apres 6h de voyage pour faire 450km a travers un paysage d'une platitude desesperante (imaginez la Beauce et vous ne serez pas loin du compte) nous sommes arrives a Amritsar, haut lieu du sikhisme hebergeant le Temple d'Or, sanctuaire le plus sacre des sikhs.
La ville est assez moche mais le temple est magnifique et emprunt d'une grande spiritualite. Le voir au coucher du soleil est un pur moment de serenite.
Par ailleurs, c'est Diwali, tout le monde est en vacances et de nombreux pelerins ont fait le voyage jusqu'au temple, donnant a ce dernier un caractere encore plus authentique.
Comment, vous ne savez pas ce qu'est Diwali ? C'est la plus joyeuse des fetes du calendrier hindouiste. Elle dure 5 jours, commemore le retour d'exil de Rama (cf. le Ramayana) et se traduit par une debauche de lumieres, de petards et de feux d'artifices.
Apres le temple, petit tour a la frontiere indo-pakistanaise en fin d'apres-midi pour voir la ceremonie qui accompagne la fermeture de cette derniere. Les gardes de chaque pays, sur leur 31, se defient a grands coups de claquements de bottes et de gesticulations dans tous les sens, supportes par les cris du public (venu en masse cote indien - c'est Diwali -, nettement moins fourni cote pakistanais). Ca tient un peu de la releve de la garde a Buckingham Palace avec slogans nationalistes en plus dont le but ne semble pas etre de calmer les esprits entre les 2 nations.
200 km et 6h de route plus tard, nous voici a Dharamsala, ou plutot McLeod Ganj, residence du Dalai Lama en exil en Inde. C'est une petite station de montagne installee dans la chaine du Dhauladhar,tres agreable apres la chaleur etouffante de Delhi et Amritsar.
Entre balades et visites de monasteres, nous soutenons la cause du "Free Tibet" en assistant a des concerts de Rock (indien ou tibetain) et autres manifestations en tout genre. Nous devrions meme pouvoir apercevoir le Dalai Lama lors de l'une de ses tres exceptionnelles sorties en public (la ville est bondee, tous les hotels sont pleins, nous ne serons pas les seuls).
Vous saurez tout de notre rencontre avec sa Saintete lors de notre prochaine parution. |